George Sand et ses amis
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Albert Le Roy. George Sand et ses amis
George Sand et ses amis
Table des matières
CHAPITRE PREMIER
LES ORIGINES
CHAPITRE II
LES ANNÉES D'ENFANCE
CHAPITRE III
AU COUVENT
CHAPITRE IV
LE MARIAGE
CHAPITRE V
LA CRISE CONJUGALE
CHAPITRE VI
LES DÉBUTS LITTÉRAIRES
CHAPITRE VII
LE ROMAN FÉMINISTE: INDIANA ET VALENTINE
CHAPITRE VIII
LÉLIA
CHAPITRE IX
ALFRED DE MUSSET ET LE VOYAGE A VENISE
«G. SAND.»
CHAPITRE X
LE DOCTEUR PAGELLO
CHAPITRE XI
LES ROMANS DE VENISE
CHAPITRE XII
LES LETTRES D'UN VOYAGEUR
CHAPITRE XIII
ENTRE VENISE ET PARIS
CHAPITRE XIV
RETOUR A ALFRED DE MUSSET
CHAPITRE XV
LA RUPTURE DÉFINITIVE
CHAPITRE XVI
INFLUENCE POLITIQUE: MICHEL (DE BOURGES)
CHAPITRE XVII
LA SEPARATION DE CORPS
CHAPITRE XVIII
L'ÉPOQUE DE MAUPRAT
CHAPITRE XIX
INFLUENCE PHILOSOPHIQUE: LAMENNAIS
CHAPITRE XX
INFLUENCE MÉTAPHYSIQUE: PIERRE LEROUX
CHAPITRE XXI
INFLUENCE ARTISTIQUE: LISZT ET CHOPIN
CHAPITRE XXII
CONSUELO ET LES ROMANS SOCIALISTES
CHAPITRE XXIII
EN 1848
CHAPITRE XXIV
LES ROMANS CHAMPÊTRES
CHAPITRE XXV
SOUS LE SECOND EMPIRE
CHAPITRE XXVI
LE THEATRE
CHAPITRE XXVII
LES DERNIÈRES ANNÉES
FIN
Отрывок из книги
Albert Le Roy
Publié par Good Press, 2020
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Il fallut pourtant quitter l'ami Pierret. Madame Maurice Dupin, depuis longtemps éloignée de son mari et un peu jalouse, voulut le rejoindre à Madrid. Elle était enceinte, et ce voyage semblait assez imprudent. Elle résolut néanmoins de l'entreprendre, laissa Caroline en pension et partit avec Aurore. Comme Victor Hugo, George Sand était vouée, tout enfant, à visiter l'Espagne: Elle en a rapporté des impressions qui méritent d'être recueillies. D'abord son imagination fut émue par les hautes montagnes des Asturies, puis elle admira la végétation avec cet instinctif enthousiasme qui devait faire d'elle l'élève et l'imitatrice de Jean-Jacques: «Je vis, dit-elle, pour la première fois, sur les marges du chemin, du liseron en fleur. Ces clochettes roses, délicatement rayées de blanc, me frappèrent beaucoup.» Sa mère attira son attention: «Respire-les, cela sent le bon miel, et ne les oublie pas!» George Sand conserva, en effet, cette première sensation de l'odorat, et depuis lors elle ne put respirer des fleurs de liseron-vrille sans se rappeler le bord du chemin espagnol. Le liseron était pour elle comme pour Rousseau la pervenche des Confessions.
Une autre rencontre marqua le voyage avant l'arrivée à Madrid. C'était par une nuit assez claire. Tout à coup le postillon modéra l'allure de son attelage et cria au jockey: «Dites à ces dames de ne pas avoir peur, j'ai de bons chevaux.» Trois énormes silhouettes, d'aspect ramassé, se projetaient sur les bords de la route. Madame Dupin les prit pour des voleurs. C'étaient de grands ours de montagne.
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