Après le divorce

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Marie-Anne de Bovet. Après le divorce
Après le divorce
Table des matières
PREMIÈRE PARTIE
I
II
III
IV
DEUXIÈME PARTIE
I
II
III
TROISIÈME PARTIE
I
II
III
QUATRIÈME PARTIE
I
II
III
IV
V
VI
Отрывок из книги
Marie-Anne de Bovet
Publié par Good Press, 2021
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Personnellement, il était d'une simplicité d'habitudes confinant à la rusticité. Matineux et couche-tôt, robuste mangeur sans aucun raffinement gastronomique, ne buvant que de l'eau rougie, ne fumant point, ne connaissant d'autre plaisir que le travail, n'ayant pas le plus petit vice, même de collectionneur ou amateur de quoi que ce fût—de tout ce luxe qu'il créait autour de lui, il goûtait uniquement la joie de le donner aux siens. A condition que l'argent fût honnêtement acquis et que le rechercher ne détournât point de l'accomplissement des devoirs primordiaux, c'était, lui semblait-il, le but essentiel de l'activité humaine, comme le dépenser largement, afin d'en faire profiter autrui, constituait à ses yeux l'excuse, voire la raison d'être de la fortune.
Pas davantage ne lui faisaient défaut les satisfactions intimes. De complexion assez autoritaire, il gouvernait sa famille sans rencontrer de résistance, n'en abusant point cependant pour jouer les despotes. Mme Bertereau, de cœur excellent, de personnalité nulle, née pour être un reflet, était en admiration devant son grand homme, non toutefois sans exercer sur lui cette influence, d'autant plus occulte qu'elle est inconsciente, de l'épouse soumise, agissant en quelque sorte par la force du poids mort. Insignifiantes et sans beauté, ses filles avaient dû à leur dot très ronde des établissements avantageux dans la bourgeoisie industrielle et gouvernementale. L'aîné des fils, bien doué, laborieux, déjà interne des hôpitaux, promettait une belle carrière. Du second, «cacique» à l'École normale, section des lettres, l'esprit singulier, de tour ironique, acerbe, réfractaire aux dogmes sociaux qui constituent la religion civique de ce milieu, n'était pas sans déconcerter quelque peu son père, l'inquiétant même parfois. Mais du moins l'avenir s'ouvrait-il devant lui brillant et sûr. Tout ce monde était bien portant; l'union domestique régnait, ainsi que l'ordre dans les affaires. Hors ce qui, en Marcel, se révélait d'originalité périlleuse, gourme intellectuelle sans doute, qui s'éliminerait comme toutes effervescences de jeunesse, on ignorait chez les Bertereau ces complexités morales que le robuste ouvrier de science tenait pour manifestations morbides. On était des gens bien situés dans la vie, carrément assis et d'aplomb, solidement attachés aux choses de ce monde et les prenant telles quelles sans en chercher plus long ni plus haut, n'ayant qu'à se louer au demeurant de la façon dont elles sont arrangées.
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