Читать книгу Avant Qu’il Ne Blesse - Блейк Пирс - Страница 9
CHAPITRE SIX
ОглавлениеLa première chose que fit Mackenzie lorsqu’ils arrivèrent au quartier général fut d’aller examiner les dossiers papier afin de voir les vraies photos de la scène de crime plutôt que les numériques qui lui avaient été fournies ainsi qu’à Ellington. Elle les étala sur la grande table qui occupait presque tout l’espace du bureau qui leur avait été alloué, se penchant au-dessus d’elles pour un moment. Tandis qu’elle les étudiait, Ellington commença à prendre des notes sur son téléphone.
La fille était plutôt jeune. Mackenzie doutait qu’elle ait plus de trente ans. Elle était blonde et avait un visage que la plupart aurait considéré comme joli. Mais celui-ci avait aussi une autre caractéristique, que l’on remarquait même sur son visage mort dénué d’émotions, et Mackenzie se dit qu’elle avait peut-être été une sans domicile fixe ou une personne en fuite. Ca, ou bien qu’elle avait vécu récemment un traumatisme. Sa peau était d’une pâleur telle qu’elle évoquait une vie de misère et de saleté.
« Pas d’identité, dit-elle, se parlant plus à elle-même qu’à Ellington. Je me demande si elle était sous le régime de protection des témoins.
– Protection des témoins ? dit Ellington. C’est s’avancer un peu loin. En particulier avec ce permis de conduire que tu penses être faux.
– Eh bien, elle n’a pas de vraie carte d’identité et elle courait de toutes ses forces pour fuir quelqu’un. Si elle était un témoin protégé et en fuite, voilà qui nous donnerait au moins une piste par où commencer. Peut-être qu’une personne de son passé l’a retrouvée.
– Voilà pourquoi je t’aime, dit Ellington. Tu préfère envisager n’importe quelle théorie plutôt que d’admettre que tu n’a rien sur quoi te baser.
– Il y a toujours quelque chose sur quoi se baser, dit Mackenzie, observant toujours les photos. C’est juste que quelquefois, l’endroit par où commencer est plus difficile à trouver. »
Elle prit son téléphone, ses yeux passant de la liste de ses contacts aux photographies de la fille morte sur la table.
« Tu appelles qui ? demanda Ellington.
– Les autorités compétentes pour leur demander de me mettre en communication avec les bureaux des US Marshals afin qu’on voie s’ils peuvent me fournir une liste.
Ellington fut clairement surpris par cette idée et hocha la tête de façon comique. « Eh bien, bonne chance avec ça. »
On répondit au téléphone et elle fut mise en attente avant qu’on puisse enfin lui passer les bureaux des US Marshals. Elle continua d’examiner les photos pendant ce temps. Les blessures provoquées par le véhicule qui l’avait percutée n’étaient pas très visibles sur les photos, mais l’horrible déchirure à sa gorge était flagrante.
La route qu’on voyait sur les photos était légèrement mouillée et luisante, rendant le sang rouge sombre qui s’échappait de son cou presque irréel.
« C’est le directeur adjoint Manning à l’appareil, dit une voix épaisse à l’autre bout du téléphone. Qui est là ?
– Agent spécial Mackenzie White, du FBI. Je travaille sur une affaire à Salt Lake City qui, je pense, pourrait impliquer une jeune femme sous le régime de protection des témoins. Nous n’avons aucune identité pour elle. Ses empreintes ne figurent dans aucune base de données et le permis de conduire retrouvé sur son corps était un faux. Je demande à tout hasard en espérant qu’elle pourrait faire partie de votre système.
– Agent White, vous savez que je ne puis vous fournir l’identité des personnes dont nous assurons la sécurité. Cela enfreindrait environ une douzaine de lois et règlements.
– J’en ai conscience. Et si je vous envoyais une des photos ? En utilisant la reconnaissance faciale, vous pourriez peut-être trouver quelque chose et…
– Veuillez m’excuser mais même si vous ne faites que soupçonner qu’elle pourrait être sous le régime de protection des témoins, faire circuler ainsi une photo enfreindrait encore plus les règles.
– Etant donné qu’il s’agit d’une photo de la scène de crime, je pense que c’est autorisé, répliqua sèchement Mackenzie. Elle a été percutée par un véhicule puis on lui a tranché la gorge. Alors je ne compte pas vous envoyer une photo glamour. »
Manning soupira lourdement, faisant ainsi savoir à Mackenzie qu’il s’apprêtait à céder. « Envoyez la photo et je vais demander à quelqu’un de faire une recherche en reconnaissance faciale. Bien entendu, je ne peux rien promettre. Mais je vais voir ce que nous pouvons faire.
– Merci.
– On vous recontacte dès que possible. » Il lui indiqua où envoyer la photo avant de raccrocher.
Ellington avait consulté le dossier du coroner pendant qu’elle parlait avec Manning. « Tu as eu ce que tu voulais, hein ?
– Est-ce qu’il n’y a jamais un doute que ça se passerait ainsi ? »
Il secoua la tête et lui tendit le rapport du coroner. « C’est le plus récent, fraîchement sorti des presses il y a environ cinq heures. Plutôt intéressant, tu ne trouves pas ? »
Elle survola le rapport, parcourant le contenu le plus évident jusqu’à tomber sur les plus récents développements. Ce qu’elle y vit était effectivement intéressant. Selon les dernières mises à jour du coroner et des médecins légistes, il apparaissait que la victime avait souffert de plusieurs fractures par le passé, qui n’avaient pas été soignées correctement. Deux côtes, le poignet droit, ainsi qu’une le long de son bras droit. Selon les notes du coroner, les os de son poignet gauche semblaient même n’avoir jamais été soignés.
« Tu crois qu’elle était victime de violence conjugale ? demanda Mackenzie.
– Je pense qu’elle fuyait quelqu’un et qu’elle a souffert par le passé de fractures multiples qui n’ont pas été guéries correctement. Alors en effet… de la violence conjugale, peut-être même quelque chose d’encore plus dramatique. Je me demande si elle n’était pas retenue prisonnière. Elle n’a pas l’air d’avoir été en très bonne santé, tu vois. Le rapport indique qu’elle pesait environ cinquante kilos. Et tu as vu son visage sur les photos… elle avait l’air de… Je ne sais pas…
– Endurcie, termina Mackenzie à sa place.
– Oui, c’est un bon terme.
– Alors peut-être qu’elle était captive ou prisonnière, qu’elle a réussi à échapper à son bourreau. Et lorsqu’il l’a rattrapée, il s’est dit que mieux valait la tuer plutôt que de la retenir enfermée à nouveau.
– Mais pour qu’il agisse de manière aussi désinvolte, ça veut dire qu’il devait savoir qu’elle n’avait pas d’identité connue. »
C’était un bon point, qui les laissa réfléchir en silence chacun de leur côté. Mackenzie pensa à la fille, qui avait peut-être couru à travers un champ mouillé puis sur une route luisante de pluie. Elle avait été pied nus, portant semble-t-il ses sandales à la main. Cette hypothèse soulevait deux questions.
La première était de savoir ce qu’elle fuyait ?
La seconde, pensa-t-elle, commençait à devenir plus pressante. « Où se rendait-elle ? » demanda Mackenzie à voix haute. Ca ne peut pas être une coïncidence qu’elle ait choisi ce quartier. Je sais qu’il n’y aucune preuve que ce soit elle qui ait traversé le champ dont a parlé le Sheriff Burke, mais si c’était bien le cas ? Elle aurait pu partir dans n’importe quelle direction et choisir n’importe quel quartier. Alors pourquoi celui-ci ? »
Ellington sourit tout en hochant la tête, s’enthousiasmant à son tour. « Et pourquoi ne pas aller enquêter sur tout ça ? »