Читать книгу Таинственный остров. Уровень 1 / L’Île mystérieuse - Жюль Верн, Жуль Верн - Страница 2
Partie I
Les naufragés de l'air
Chapitre 1
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– Non! Au contraire! Nous descendons!
– Pis que cela, monsieur Cyrus! Nous tombons!
– Pour Dieu! Jetez du lest!
– Voilà le dernier sac vidé!
– Le ballon se relève-t-il?
– Non!
– J'entends comme un clapotement de vagues!
– La mer est sous la nacelle!
– Elle ne doit pas être à cinq cents pieds de nous!»
Alors une voix puissante déchira l'air, et ces mots retentirent:
«Dehors tout ce qui pèse!.. tout! et à la grâce de Dieu[1]!»
Ces mots retentirent au-dessus du vaste désert d'eau du Pacifique, le 23 mars 1865, vers quatre heures de l'après-midi.
Un ballon, emporté dans le tourbillon d'une trombe d'air[2], filait à quatre-vingt-dix milles à l'heure, tournoyant comme pris dans un maelström céleste. En dessous, une nacelle contenait cinq passagers, presque invisibles dans les vapeurs et les éclaboussures d'eau jusqu'à la surface de l'océan.
D'où venait cet aérostat, emporté par la terrible tempête? De quel coin du monde était-il parti? Impossible de le savoir. Il avait dû parcourir au moins deux mille milles en vingt-quatre heures. Les passagers, privés de repères, ne percevaient ni rotation ni déplacement horizontal. Tout était brume autour d'eux, rendant le jour et la nuit indiscernables.
Le ballon, délesté de munitions et de provisions, s'était hissé à quatre mille cinq cents pieds. Mais la mer sous la nacelle les força à jeter tout ce qui restait, jusqu'aux menus ustensiles.
La nuit fut angoissante. Au matin du 24 mars, l'ouragan montra des signes d'accalmie. Vers onze heures, le ciel se dégagea légèrement. Cependant, le ballon déclinait lentement, se dégonflant inexorablement.
Vers midi, il flottait à deux mille pieds au-dessus de la mer, vidé de presque tout son gaz.
À deux heures, il n'était plus qu'à quatre cents pieds. Les passagers se résignèrent à jeter la nacelle pour alléger l'aérostat. Remonté brièvement, il amorça une nouvelle descente[3]. À quatre heures, il frôlait la surface des eaux. Un chien, compagnon des passagers, aboya. «Terre! terre!» cria l'un d'eux. À une demi-heure de la côte, le ballon, presque vide, fut malmené par les vagues. Soudain, il s'éleva encore, pour retomber enfin sur le sable, les passagers s'accrochant au filet. L'un d'eux manquait.
Le passager manquant avait évidemment été enlevé par le coup de mer[4] qui venait de frapper le filet, et c'est ce qui avait permis à l'aérostat allégé, de remonter une dernière fois, puis, quelques instants après, d'atteindre la terre.
À peine les quatre naufragés – on peut leur donner ce nom – avaient-ils pris pied sur le sol, que tous, songeant à l'absent, s'écriaient:
«Il essaye peut-être d'aborder à la nage! Sauvons-le! sauvons-le!»
1
la grâce de Dieu – Господи, помоги!
2
emporté dans le tourbillon d'une trombe d'air – унесенный в водовороте воздушного потока.
3
il amorça une nouvelle descente – он вновь начал опускаться.
4
Le passager manquant avait évidemment été enlevé par le coup de mer – Пропавшего пассажира, вероятно, сбило морской волной.