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LETTRE V

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Hier à onze heures le temps se brouilla tout à coup et j’eus la douleur, en arrivant au pont de la Concorde, de voir le chef de ma première station fermer ses boîtes avec une activité mêlée de grognements.

«Parbleu! me dis-je, voilà une occasion de me livrer à une intéressante statistique; il y a longtemps que je voyage sur cette route vraiment enchantée de la littérature et je n’ai pas encore eu le soin de compter le nombre des stations (étalages); cela sera bientôt fait, d’autant plus que n’ayant pas besoin de m’arrêter pour cela, je puis prendre un train direct.» Cela dit, je partis, et, trente-cinq minutes après avoir pris cette belle résolution, je savais combien il y a de bouquinistes. Les voici: ()



Mais comme la statistique est une science extrêmement attrayante, je voulus savoir:

1° Combien il y avait de boîtes;

2° Quelle longueur métrique toutes ces boîtes, rapprochées les unes des autres, présentaient d’étendue;

3° Combien chacune de ces bottes pouvait contenir de livres;

Et voici ce que je trouvai:

Terme moyen, les bouquinistes occupent quinze mètres avec douze à quinze boîtes; il y en a qui en ont plus.

68 fois 15 font 1,020.

Ces 1,020 boîtes (d’un mètre chacune) étant rapprochées les unes des autres, donneraient donc une étendue de plus d’un kilomètre.

D’après des renseignements que j’ai pris, une boîte peut contenir de 75 à 80 volumes.

Ainsi, terme moyen, un bouquiniste expose de 1,000 à 1,200 volumes, ce qui fait pour les soixante-huit environ 70,000 volumes, c’est-à-dire la valeur de trois bibliothèques déjà importantes de nos départements.

Un homme très-compétent que j’ai consulté et qui a exercé le métier, évalue à douze ou quinze cents le nombre des volumes vendus chaque jour; cette vente peut être évaluée à mille francs; donc la vente des livres sur les seuls parapets des quais serait à peu près de quatre cent mille francs par an.

Voyages littéraires sur les quais de Paris : lettres à un bibliophile de province

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