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V

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Paris, le 13 janvier 1865.

Mon cher Valabrègue,

Êtes-vous mort?

Je vous écris sous le coup d'une colère bien légitime.

Voilà plus de quatre mois que vous ne m'avez envoyé la moindre lettre.

Je vous écris en octobre, point de réponse. Je vous envoie mon volume, point de réponse.

Vous aurais-je blessé sans le savoir? Que diable! On s'explique. On ne laisse pas les gens en pleine mer de conjectures.

Un instant, votre frère nous a dit que vous deviez venir: «Bon! ai-je pensé, il préfère une conversation verbale à une conversation écrite.» Et j'ai attendu un mois avec patience.

Aujourd'hui, j'apprends que votre voyage est renvoyé à la fin de l'année. Je ne comprends plus rien à tout ceci: j'ignore ce qui peut vous fermer la bouche, ou plutôt vous arrêter la main. Je demande à savoir le mot de l'énigme.

Je ne vous aurais certes pas écrit le premier, tant je suis fâché, si je n'avais une nouvelle adresse à vous donner. Adressez-moi désormais vos lettres: 142, boulevard Montparnasse.

Voyons, prenez la plume et répondez-moi longuement. Vous devez avoir bien des choses à me raconter. Parlez-moi de vous et de moi. Dites-moi ce que vous faites, ce qui vous arrive, et dites-moi quelle est l'attitude de la ville d'Aix devant mon livre. Beaucoup de défiance sans doute, ou même une indifférence parfaite.

Ici, les Contes à Ninon marchent très bien. Plus de la moitié de la première édition est vendue.

J'ai beaucoup de choses à vous dire; mais je ne vous les dirai pas aujourd'hui.

Écrivez-moi longuement, je vous répondrai longuement.

Je vous serre la main en homme pressé et un peu irrité.

Correspondance: Les lettres et les arts

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