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VI

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Table des matières

La moisson est faite, l’été est fini ou, du moins, bien près de finir; Jack et Esther sont à déjeuner. Au dehors, les géraniums écarlates brillent sous le soleil du matin qu’ils égalent en éclat et les moucherons dansent en l’air sur un sol élastique. Esther a ce matin une robe de percale semée de petits œillets rouges et elle est fraîche comme une marguerite des prés. Jack lit ses lettres, qui ne sont guère que des factures ou des circulaires, comme la correspondance des hommes, en général. Il vient de finir ce rapide examen, chiffonne la dernière des enveloppes bleues, la jette dans le foyer bien nettoyé pour l’été et dit, en reprenant une conversation interrompue un quart d’heure avant par l’entrée des prières et de l’urne à thé:

–Je ne puis comprendre ce que tu as fait à ce garçon. C’était le meilleur enfant qu’on pût voir; pas un génie, bien sûr! mais enfin, j’aimais à me promener avec lui dans les champs, bien qu’il ne sût pas distinguer un navet d’une betterave. Il ne se connait pas en agriculture comme sa mère. Maintenant, il n’a plus un mot à dire, il est aussi muet qu’un poisson.

–Je ne lui ai pas coupé la langue, répond Esther en riant d’un air un peu embarrassé. Peut-être que, comme les oiseaux, il ne chante pas en été.

–Pourquoi le traînes-tu après toi comme la queue d’un cerf-volant? reprend Jack Craven en cassant son pain avec impatience. Ce doit être insupportable d’avoir à toute heure ce grand corps tournant autour de soi: tandis que, si tu lui donnais dès à présent son congé, il pourrait encore reprendre de l’entrain d’ici à quinze jours, pour l’ouverture de la chasse.

–Ah! tu crois? dit Esther relevant la tête en rougissant de dépit.

Nulle femme n’aime à penser que son empire ne sera pas éternel.

–Si tu n’aimes pas à le lui dire toi-même, je peux m’en charger, poursuit le frère, croyant faire l’offre la plus généreuse.–Je lui dirai tout simplement: «Mon cher ami, c’est inutile; elle ne se soucie pas de vous.»

–Jolie manière de s’expliquer, s’écrie Esther ironiquement. Parlez-moi d’un homme pour s’y prendre délicatement!

–Je ne suis pas d’avis d’employer des détours, réplique Jack mécontent. Si tu tombais malade soudainement, si le poulain bai s’était cassé la jambe, un malheur enfin, j’aimerais bien mieux que l’on vint me l’annoncer tout droit, sans prendre des mitaines pour m’y préparer. Des nouvelles à moitié dites, c’est comme si on vous coupait la gorge à moitié avant de vous pendre. C’est mourir deux fois.

–Mais, supposé que j’eusse un peu de goût pour lui? reprend Esther avec une vive rougeur, mais en regardant hardiment son frère.

Jack met sa main devant sa bouche comme pour caresser une moustache absente et, en réalité, pour dissimuler un sourire.

–Je ne voudrais pas, dit-il, me montrer indiscret, mais puis-je te demander depuis quand? Il y a une semaine à peine que tu m’as prié de me joindre à vous dans une de vos excursions à travers cet éternel bois et que tu m’as dit qu’apparemment ta montre ne marchait pas, car le temps te paraissait bien long.

–Une semaine! s’écrie-t-elle avec indignation. Il y a au moins trois semaines ou un mois.

–Tu te trompes, Esther. Il y a quinze jours, c’était la fête de Ryvel-Horse et c’est pour y aller que j’ai refusé ton invitation.

–Qu’importe une semaine de plus ou de moins? s’écrie-t-elle en colère.

–Cela ne signifie rien, en effet, pour une femme ou une. girouette.

Cette dernière injure exaspère miss Craven.

–Je vois que tu es décidé à me tourner en ridicule! Je vois que tu ne veux pas me croire! dit-elle en se préparant à quitter la chambre comme un tourbillon.

–Ma chère Essie, dit Jack en se levant précipitamment, lui saisissant les deux mains et s’efforçant de ne pas rire; –me voilà, dis-moi tout, et je te jure, sur la tombe de ma grand’mère, de te croire.

–Pourquoi ne l’aimerais-je pas? Y a-t-il en lui quelque chose de si haïssable qu’on ne puisse l’aimer? réplique-t-elle en sanglotant.

–Non, rien que je sache... excepté ses souliers, et c’est toi qui m’as dit que...

–Oui, c’est vrai, reprend-elle en souriant à travers ses larmes. Ils sont affreux et je pourrais dire qu’ils me hantent.

–Il est bien loin de s’en douter, je peux te l’assurer, car, pas plus tard qu’hier, il me les montrait avec orgueil en me disant qu’il les achetait chez Hugh Hugues, à Naullan, et qu’il me conseillait d’en avoir de semblables.

–C’est pourtant vrai, dit Esther en s’appuyant sur le dos d’une chaise qu’elle dandine. Il est devenu tout stupide; mais, après tout, je ne sais pas si ce sont les gens qui disent des choses spirituelles avec qui on aimerait le mieux passer sa vie.

–Tu penses alors passer ta vie avec lui, dis-moi? La dernière fois que tu m’as fait l’honneur de me confier tes plans, tu devais rester une vestale jusqu’à la fin de tes jours.

–Je pense à l’avenir; je ne puis m’attendre à ce que tu te contentes de moi éternellement, répond-elle avec un sourire assez triste: et alors, quand je serai remplacée, un bon garçon bien simple, avec des idées très chevaleresques sur le rôle de la Femme, la femme avec une grande F, qui rira de mes plus sottes plaisanteries, sans les comprendre et sans en faire, celui-là vaudra mieux que rien.

–C’est bien! dit tranquillement Jack en se dirigeant vers la porte et déployant le Times avec un froissement de papier qui couvre presque entièrement sa voix.–Comme il te plaira: seulement, tu auras la bonté de me dire à quand la noce, car il me faut un habit. Je ne pense pas que celui que j’ai eu à l’enterrement de l’oncle John puisse encore me servir. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Le désir d’être aimé est assez général, mais dans Esther il est porté jusqu’à la passion. C’est l’origine de toutes les sottises et de toutes les fautes que vous allez trouver dans la suite de cette simple histoire. Elle aurait voulu que l’homme, la femme, l’enfant, la vache, le veau, le chien, le chat qu’elle rencontrait la vissent venir avec joie et partir avec chagrin. Mais Robert ne ressemble pas à son idéal, à l’idéal qu’elle s’est représenté de grandeur naturelle dans le miroir de son esprit durant les longs instants inoccupés de ces deux dernières années de transition; il est vrai que si nous attendions pour nous marier que notre idéal vînt frapper à notre porte, le monde serait bientôt dépeuplé de ses habitants légitimes. L’idéal de miss Craven est brun; à dix sept-ans, l’idéal est toujours brun: il a de grands yeux fiers, languissants et impénétrables. Robert est blond comme les blés et ses yeux sont bleus et francs; ils expriment sa pensée ni plus ni moins que sa langue; ils n’ont rien de fascinateur, ce qui n’est pas une recommandation pour une femme. Le nez de l’idéal est d’une fine proportion et délicatement sculpté; ses joues sont plutôt creusées et pâlies par trente-cinq ans environ d’une vie agitée, mondaine, insouciante, pendant laquelle on n’existe pas. L’idéal transgresse les commandements avec une aisance gracieuse; il serait porté au scepticisme et à la raillerie à l’égard des antiques croyances et des faits consacrés par le temps et le respect. Robert, chaque soir, prie à genoux de «n’être pas induit en tentation et d’être délivré du mal»; il croit fermement tout ce qui lui a été enseigné depuis l’A, B, C, et ne pourrait pas plus donner à ses lèvres honnêtes l’expression de la moquerie qu’il ne pourrait trouver la quadrature du cercle. Les enfants qui le voient pour la première fois viennent placer leurs petites mains potelées dans la sienne et lui rient avec une impudence confiante; des chiens qui ne le connaissent pas viennent frotter leurs têtes velues contre ses genoux et se couchent en rond contre ses pieds amis. L’idéal monte à cheval comme un vrai Centaure. Robert, très amateur d’un jour de chasse à courre, sait, à l’occasion, débourser ses deux guinées pour louer un cheval, ce qui n’arrive pas très souvent, et il aime à en avoir pour son argent en franchissant aveuglément tout ce qui lui fait obstacle, mais il n’a aucune idée de l’équitation. L’idéal est une idole que l’on élève pour l’adorer, un Baal auquel on rend un culte de sang, de larmes, de sacrifices. Robert est un adorateur que l’on rend heureux par un froid regard et un rare sourire. Adorer est plus agréable pour une femme que d’être adorée. En adorant, on élève ses regards: en étant adorée, on les abaisse.

Suivez-moi ce dimanche d’août à travers les bois de Glan-yr-Afon jusqu’à Plas-Berwyn, c’est-à-dire de chez Esther chez Robert. Il y a à peine cent mètres à l’ombre ou au soleil par un étroit sentier peu fréquenté dont la trace n’est qu’effleurée au milieu des herbes sèches et des fougères en graines qui le recouvrent. Déjà les pommes rougissent dans le petit verger de Plas-Berwyn; les champs moissonnés et nus étendent leur chaume doré sur le penchant des collines. Pendant bien des jours, le blé a jauni sous le regard ardent d’un soleil sans voile, et maintenant le voilà tombé; l’orge a baissé sa tète barbue sous le tranchant de la faucille et les avoines leurs tremblantes couronnes. Toute la récolte de mistress Brandon est faite et rangée en énormes meules. Bien construire une meule est tout ce qu’un Gallois sait faire.

Il est une heure après midi et le révérend Evan Evans permet à sa congrégation de sortir de la vieille grange blanchie et affaissée qu’il appelle son église et de reposer ses esprits après les textes mal coordonnés et mal expliqués qu’il appelle son sermon. Plas-Berwyn est une maison à peu près de la grandeur de Glan-yr-Afon, mais les pièces n’y paraissent pas si grandes parce qu’elles sont beaucoup plus remplies de gros meubles et de grosses personnes. La salle à manger est encombrée par une grande table d’acajou, un grand buffet d’acajou, de grandes chaises d’acajou, reliques incommodes, conservées précieusement comme le témoignage d’un passé plus opulent, ainsi que le plateau de laque et les chandeliers de cuivre. Il y règne partout une atmosphère pesante de vétusté et de grave ennui. Rien du parfum, de la lumière, de la mélodie que la jeunesse, la seule jeunesse, fût-elle dépourvue d’autres qualités, porte en soi-même.

Généralement, on est maussade et on a une faim inaccoutumée le dimanche; j’ignore pourquoi, mais regardez votre prochain et vous verrez que c’est vrai. Affamés ou non, les Brandon sont à dîner; c’est un dîner frugal et économique de bœuf froid et de tarte aux pommes froide. Il ne paraît jamais rien de chaud sur leur table le jour du Seigneur, parce que dans la matinée du dimanche toute âme vivante à Plas-Berwyn, chaque fille de cuisine, chaque servante récalcitrante est poussée, de gré ou de force, à l’église; la porte de la maison est fermée et mistress Brandon en garde la clef dans sa poche.

Tous les Brandon détestent dîner dans le milieu du jour; or, le dimanche ils dinent dans le milieu du jour. Chacun sait qu’il n’y a rien de plus désagréable que de rester dans la pièce où l’on a pris son repas et où l’odeur durable et la vapeur des viandes que l’on a desservies montent encore à vos yeux et à votre nez; par conséquent, les Brandon se tiennent dans la salle à manger. Le dimanche est pour eux une combinaison des tristesses du mercredi des Cendres et du vendredi saint. Le samedi soir, miss Bessy Brandon ramasse les romans, les voyages, les biographies, les revues, les ouvrages de poésie qui traînaient partout, en nettoie la place et les condamne à être consignés dans une armoire, jusqu’à ce qu’elle leur rende la liberté le lundi matin.

La famille Brandon, au moment présent, a donc pris sa figure et ses habits du dimanche, aussi peu seyants que possible. Peu d’hommes sont à leur avantage dans le strict costume de cérémonie, et, par une raison inexpliquée, un habit noir fait par un tailleur de campagne va plus mal qu’un habit de couleur. Le vêtement qui couvre les larges épaules de Bob arracherait des larmes à M. Poole, le célèbre tailleur, s’il pouvait le voir. Quant à mistress Brandon, elle a, habituellement, sa figure du dimanche–je ne dis pas cela pour la blâmer–mais seulement pour rappeler que c’est une expression placide, uniforme, que n’altère jamais une vive manifestation de joie ou de colère. Elle est toute vêtue de soie fanée et porte sur sa poitrine une miniature de feu M. Brandon, en robe et ceinture de ministre, aussi grande qu’une soucoupe et contenant, à l’intérieur du médaillon, deux boucles de cheveux du susdit Brandon. Il y a si longtemps qu’il est mort qu’elle doit avoir oublié jusqu’à sa figure, mais elle porte encore son effigie, de même qu’une vieille auberge continue à porter l’enseigne de la Tête noire, bien qu’il y ait des siècles que les Sarrazins ont disparu de la surface de la terre.

Vis-à-vis l’une de l’autre, et toutes semblables, sont assises les misses Brandon, vêtues de petites robes qui ne sont d’aucune étoffe ni d’aucune couleur. De minces bandeaux bien plats et bien lisses descendent sur leurs oreilles, et des chignons minuscules sur leurs nuques. Leurs petites personnes, sans buste, sans taille, sans hanches, leurs longs nez tristes et leurs yeux ternes et doux, proclament qu’elles appartiennent à la tribu des vierges à qui saint Paul a promis la palme de l’excellence. La littérature du dimanche est éparpillée sur des chaises durement rembourrées: «Mettez une digue au torrent,» posé à plat la table, est ouvert à l’endroit où miss Bessy l’a abandonné en faveur du bœuf froid; la «Nuit du samedi» garde entre ses feuillets un couteau à papier.

–Coupe deux ou trois grosses tranches de bœuf, Bob, mon cher; ce sera très bon pour le vieux John Owen, dit mistress Brandon de sa voix bienveillante et cassée.

–Nous les lui laisserons en allant à la chapelle. Bob les portera, dit miss Bessy avec autorité.

Bob se tait.

–Bob, reprend-elle, n’aime pas à porter un panier. Il croit que cela manque de tenue.

–Je. me moque bien de la tenue, dit Bob en riant. Si un homme est comme il faut, il le sera toujours, quand même il pousserait un perambulateur dans Régent’s street; mais, à dire la vérité, je préfère ne pas aller à l’église cet après-midi.

–Ne pas aller à l’église! ne pas aller à l’église! ne pas aller à l’église!!! sur trois tons différents, passant de l’étonnement jusqu’à une incrédulité pleine d’horreur.

Car M. Brandon a rarement manqué d’assister au service divin depuis l’heureux jour où, il y a vingt-deux ans, lorsqu’à l’âge tendre de trois ans, accablé de sommeil, il est tombé de son banc avec un grand fracas et s’est fait, à son jeune front, une monstrueuse bosse rouge. Robert sent bien le poids de l’opinion publique, mais, avec un courage viril, il maintient sa décision.

–Pas aujourd’hui, ma mère. Esther doit venir nous faire ses adieux à tous, et, pour son dernier jour, je tiens à la voir le plus longtemps possible.

–Que veux-tu dire, Bob? Est-ce qu’elle va mourir cette nuit? demande miss Bessy en relevant vivement sa tête d’un blond de filasse.

–Dieu nous en préserve! s’écrie-t-il avec un mouvement d’effroi: non! mais elle part demain pour aller passer huit ou dix jours chez des amis.

–Elle s’en va sans nous en avoir dit un mot?

–Êtes-vous donc surprises qu’elle ne nous dise pas où elle va? Est-ce qu’elle est obligée de tout nous dire? Est-ce qu’elle doit nous prendre pour ses confidents? insinue miss Bessy avec un dépit mal dissimulé.

Le dépit est permis le jour du sabbat, quoique les pommes de terre chaudes et les romans soient défendus.

–Jusqu’à hier, elle n’en savait rien elle-même, répond Bob brièvement.

–Mais quels sont ces amis qui ont surgi tout à coup? Quel est leur nom? Où demeurent-ils? Raconte-nous cela, cher enfant, dit doucement la vieille dame, en voyant que son fils est un peu irrité.

–Leur nom est sir Thomas et lady Gérard; ce sont d’anciens amis du père des Craven et ils vivent dans le comté de ***. C’est tout ce que j’en sais.

–Un vieux couple bien tranquille, je pense? Est-ce que ce ne sera pas un peu triste pour une jeune fille vive et gaie comme Esther?

–Je crois qu’il y a une jeune personne de son âge, une pupille de sir Thomas. 1

–Une pupille, oh!

–Et un fils aussi.

–Un fils, oh!

–Eh bien! pourquoi pas un fils? Quel mal y a-t-il à cela? demande Bob, en élevant la voix avec quelque impatience.

–Aucun mal! cela vaut bien mieux qu’une fille! Un garçon peut faire son chemin tout seul! Je ne sais pas de quoi vous parlez, dit une voix jeune et hardie, qui se fait entendre en même temps qu’apparait une tête brune par la porte entr’ouverte. Oh! vous êtes en train de dîner? alors, je vais rester dehors jusqu’à ce que vous ayez fini; c’est si désagréable qu’on vous regarde pendant que vous mangez, n’est-ce pas? Je déteste ça!–et la tête et la voix disparaissent aussi vite qu’elles étaient venues.

Une rougeur foncée couvre les joues vermeilles de Robert, vermeilles comme celles du roi David quand il gardait son maigre troupeau dans les champs de Syrie. Rejetant bruyamment son couteau et sa fourchette, fermant la porte avec un fracas qui fait bondir sur leurs chaises de crin les misses Brandon, il s’élance après la petite apparition. Peu après, il la ramène en triomphe.

–Ainsi, vous allez nous fuir, mon amour? dit mistress Brandon en serrant dans sa vieille main veinée la jeune main blanche d’Esther.

–Oui! je le crains! N’est-ce pas un bien grand ennui?

–Si c’est un si grand ennui, pourquoi y allez-vous? dit sèchement miss Bessy.

–Parce que je pense que je dois me chercher quelques amis. Personne n’a si peu d’amis que Jack et moi. A vrai dire, nous n’en avons aucun, excepté vous, cependant, ajoute-t-elle avec un second mouvement.

–Quand vous serez à mon âge, ma chère, dit mistress Brandon en secouant la tête et les innombrables garnitures de son bonnet, et voulant faire peser sur la vive jeunesse d’Esther le poids de sa triste expérience, selon la terrible coutume des vieilles gens,–quand vous serez à mon âge, vous trouverez qu’un petit nombre de bons amis vaut mieux qu’un grand nombre d’indifférents.

–Mais pourquoi ces personnes ne seraient-elles pas pour moi de bons amis? demande la jeune fille non convaincue. Qui sait? Il y a dans le monde plus de bonnes gens que de méchantes gens; ainsi, les chances sont en leur faveur.

–Il nous est extrêmement défendu de juger autrement... commençait miss Bessy charitablement–mais voilà le premier coup de cloche; allons vite mettre nos affaires, Jane!

Fraîche comme une rose

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