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Espace de couleurs et profil ICC

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Aujourd’hui, de nombreux appareils gèrent des couleurs. Les imprimantes, les écrans, les appareils photographiques et les scanners sont dans ce cas. Dans le but de transmettre fidèlement les couleurs entre ces appareils, différents standards ont été émis par les organismes compétents. En l’occurrence, il s’agit de la Commission Internationale de l’Eclairage (CIE) et de l’International Color Consortium (ICC).

Le concept d’espace de couleurs est important. Un espace de couleurs est une correspondance définie entre un ensemble de couleurs et un ensemble de nombres. Cette correspondance permet de coder les couleurs avec des nombres. Plus précisément, il s’agit de faire correspondre un triple 14 de nombres à chaque couleur. Par exemple, l’espace RVB (RGB en anglais) décompose une couleur C en un rouge R, un vert V et un bleu B. A la couleur C est associé le triple (r, v, b) où r est le nombre associé à la couleur R, v est le nombre correspondant à la couleur V et b est le nombre décrivant la couleur B. Concrètement, (255,0,0) correspond au rouge primaire alors que (110,11,20) décrit la couleur grenat.15 Il est toutefois nécessaire d’être très prudent: il existe un grand nombre d’espaces RVB. Parmi les espaces de ce type qui sont souvent utilisés se trouvent sRGB et Adobe RGB (1998).

Cela veut dire qu’un même triple peut très bien correspondre à des couleurs différentes en fonction de l’espace de couleurs considéré. De plus, deux espaces différents ne couvrent pas nécessairement le même gamut.16 Par exemple, l’espace de couleurs sRGB a un gamut plus petit que l’espace Adobe RGB (1998), ce qui veut dire qu’il existe des couleurs que l’on peut décrire dans l’espace Adobe RGB (1998) alors qu’elles ne peuvent pas être décrites par l’espace sRGB.

Examinons un cas concret qui rappelle que chaque appareil gère son propre espace de couleurs. Prenons le cas d’un utilisateur qui visionne sur un écran une image numérisée à l’aide d’un scanner. Supposons que certains pixels de l’image aient été codés comme du rouge primaire par le scanner: (255,0,0) dans l’espace de couleurs RVB du scanner. Si cette image est fournie sans aucune précaution, l’écran affichera le rouge primaire (255,0,0) correspondant à son propre espace RVB. Et cet espace n’a aucune raison d’être le même que celui du scanner. Par conséquent, l’image que l’utilisateur visionne sur l’écran ne correspond pas, en termes de couleurs, au document qui a été numérisé.

De sorte à pouvoir maintenir la fidélité des couleurs tout au long d’une chaîne allant de la production des images à leur visualisation, on utilise un espace de couleurs intermédiaire et standardisé. Différents espaces de couleurs standardisés par la CIE existent. Par exemple, CIE L*a*b*, datant de 1976, est un tel espace. Ce standard décrit l’ensemble des couleurs qu’un humain perçoit. De plus, cet espace est conçu pour que la distance mathématique entre deux triples associés à deux couleurs corresponde à la différence de perception visuelle entre ces deux couleurs. A titre d’exemple, il y a la même différence de perception entre les couleurs représentées par (50,100,150) et (50,100,200) et entre les couleurs représentées par (50,100,200) et (50,150,200).

L’existence d’un tel espace standard permet de respecter les couleurs tout au long d’une chaîne. Mais pour cela il faut introduire le concept de profil ICC, introduit par l’ICC et reconnu conjointement par l’Organisation Internationale de normalisation (ISO) et par l’ICC (ISO 15076–1). Un profil ICC établit la correspondance entre un espace de couleur d’intérêt (par exemple celui d’un scanner ou d’un écran) et un espace de couleur standardisé (CIE L*a*b* par exemple).

Retournons à l’exemple de l’utilisateur qui visionne sur un écran une image numérisée par un scanner. Cette fois, supposons que le scanner est muni d’un profil ICC. De même, supposons que l’écran dispose de son propre profil ICC. A nouveau, regardons le cas du pixel dont la couleur est codée (255,0,0) par le scanner. Lorsque l’écran affiche ce pixel, il va suivre le processus suivant: il cherche d’abord à quelle couleur dans l’espace CIE L*a*b* correspond (255,0,0), en utilisant le profil ICC du scanner. Appelons «rouge» cette couleur. Puis il s’agit de voir à quoi correspond ce «rouge» dans l’espace de couleurs de l’écran, en utilisant le profil ICC de ce dernier. Ce pourrait être (252,10,15) par exemple. Maintenant, le respect des couleurs est assuré tout au long de la chaîne!

Comme le rouge, codé (255,0,0), du scanner pouvait être représenté par l’écran, il a été possible de conserver cette couleur sur le chemin entre le scanner et l’écran. Toutefois, il peut arriver que le gamut de l’écran ne contienne pas le rouge indiqué par le scanner. Dans un tel cas, l’écran affiche le rouge le plus «proche» possible.

Pour que ce qui précède puisse fonctionner, il est nécessaire que les logiciels permettant l’affichage d’une image aient accès au profil ICC du scanner. Pour cela, il y a deux possibilités. L’une est d’intégrer le profil dans le fichier de l’image. Pour ce faire, il faut que l’image matricielle soit codée dans un format qui permet d’intégrer le profil ICC du scanner. La solution alternative est d’indiquer l’endroit où les logiciels peuvent trouver le profil ICC, sauvegardé de manière indépendante.

Il semble que la solution qui s’est imposée soit celle de l’intégration du profil ICC dans le fichier de l’image. Cette solution a l’avantage de lier le profil avec l’image. Cela permet de faciliter la gestion de la correspondance entre les images et le profil ICC du scanner lors de l’échange d’images, mais aussi dans le cours de l’archivage. A l’inverse, il y a aussi un désavantage puisque l’on constate que le même profil est susceptible d’être conservé en de multiples copies. Ce qui augmente légèrement l’espace de stockage nécessaire. A titre d’illustration, remarquons que la Bibliothèque de Genève (BGE) conserve actuellement plus de 800 000 images dans le cadre du projet e-rara. Chacune de ces images contient un profil ICC, alors que seuls 5 profils différents ont été utilisés. Sur la base d’un poids moyen de 265 Ko par profil ICC, il en résulte un poids supplémentaire d’environ 200 Go. Ce poids correspond approximativement à 1,5 % du poids total des 800 000 images, ce qui donne la mesure de l’économie qui pourrait être réalisée en n’intégrant pas les profils dans les images.

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