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CHAPITRE XVII.

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Table des matières

SI la Peinture est une espece de création, elle en donne des marques encore plus sensibles dans les Tableaux de Païsages que dans les autres. On y voit plus généralement la Nature sortie de son cahos,&les Elémens plus débroüillez; la Terre y est parée de ses différentes productions,&le Ciel de ses météores. Et comme ce genre de Peinture contient en racourci tous les autres, le Peintre qui l’éxerce, doit avoir une connoissance universelle des parties de son Art. Si ce n’est pas dans un si grand détail que ceux qui peignent ordinairement l’Histoire, du moins spéculativement&en général. Et s’il ne termine pas tous les objets en particulier qui composent son Tableau, ou qui accompagnent son Païsage, il est obligé du moins d’en spécifier vivement le goût &le caractére,&de donner d’autant plus d’esprit à son Ouvrage qu’il sera moins fini.

Je ne prétens pas néanmoins exclur de ce talent l’exactitude du travail, au contraire, plus il sera recherché,&plus il sera précieux. Mais quelque terminé que soit un Païsage, si la comparaison des objets ne les fait valoir,&ne conserve leur caractére, si les sites n’y sont bien choisis, ou n’y sont supléez par une belle intelligence du Clair-obscur, si les touches n’y sont spirituelles, si l’on ne rend les lieux animez par des Figures, par des Animaux, ou par d’autres objets, qui sont pour l’ordinaire en mouvement, &si l’on ne joint au bon Goût de Couleur&aux sensations extraordinaires la vérité&la naïveté de la Nature, le Tableau n’aura jamais d’entrée dans l’estime, non plus que dans le Cabinet des véritables Connoisseurs.


Abregé de la vie des peintres

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