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CHAPITRE XXV.

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LA nécessité de la Grace dans la Peinture, généralement parlant, est une chose qui n’a besoin d’aucunes preuves. il se rencontre seulement une difficulté sur ce point: Savoir si cette Grace est nécessaire dans toutes sortes de sujets; dans les Combats, comme dans les Fêtes; dans les soldats, comme dans les femmes.

Je conclus pour l’affirmative:&la raison que j’en donne est, que bien que la Grace se laisse d’abord appercevoir sur le visage, ce n’est pas néanmoins dans cette seule partie qu’elle paroît résider, elle consiste principalement dans le tour que le Peintre sait donner à ses objets pour les rendre agréables, même ceux qui sont inanimez: d’où il s’enfuit que non seulement il peut y avoir de la Grace dans la fiérté d’un Soldat, par le tour qu’on aura donné à son air&à son attitude, mais qu’il y en peut avoir aussi dans une Draperie ou dans quelqu’autre chose, par la maniére dont elle sera disposée.

Aprés cette Idée que je viens de donner du Peintre parfait,&les preuves que j’ay apportées de chacune de ses parties, il ne reste plus que d’en faire l’application aux Ouvrages de Peinture, &de les mettre comme dans la balance, non pour en rejetter entiérement ceux qui n’auront pas toutes les qualitez que l’on vient d’établir, mais pour les estimer selon leur poids.

L’on peut au reste se servir de cette même Idée pour juger des Desseins des différens Maîtres; j’entens du dégré de leur bonté. Car pour connoître l’originalité d’un Dessein,&le nom du Peintre qui en est l’Auteur, il est comme impossible d’en donner des Régles,& difficile d’en parler avec justesse. J’hazarderay néanmoins d’éxposer icy ce que j’ay pensé sur ce sujet, dans l’espérance que cette témérité suscitera dans la fuite quelque personne éclairée, qui redressera&qui augmentera le peu que j’en auray dit.


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