Читать книгу Borgia - Michel Zevaco - Страница 14

Michel Zévaco
BORGIA
XIV. ÂME EN PEINE

Оглавление

Ragastens, lorsqu’il fut remonté à la surface de la terre, était livide, comme si, du tombeau de la Voie Appienne, il fût réelle-ment sorti un mort. Quelque chose de nouveau et de profond ve-nait d’entrer dans sa vie. C’était une poignante sensation de dé-sespoir et un sentiment confus de joie orgueilleuse à peine per-ceptible.

Il allait à pas lents, entre les deux rangées de tombeaux, si-lencieux, s’interrogeant, cherchant à comprendre ce qui se pas-sait en lui. Et sa pensée s’épandait en phrases hachées :

– Jadis, lorsqu’il m’arrivait de sentir battre mon cœur à l’aspect d’une femme, maintes fois, je me suis dit que j’aimais… Puis, en quelque cabaret, une querelle, un duel me faisaient ou-blier la femme aimée… J’étais libre alors… Libre de parcourir l’univers, avec la joie d’être partout chez moi !…

Il s’arrêta, essuya son front d’un revers de main. Puis il murmura :

– Libre !… Et seul !… Primevère ! murmura-t-il.

Et comme sa main crispée se posait, dans un mouvement machinal, sur ses yeux brûlants de fièvre, il sentit que cette main se mouillait… Oui !… Ragastens pleurait !…

Borgia

Подняться наверх