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PROCÈS DE JEAN DE LA SOILLE

Table des matières

— 1555 —

Monsieur du Terron, bourgeois de Paris et seigneur de la ferme des Bois, sise auprès de Villeneuve-l’Archevêque, avait en qualité d’ânier un garçon de 26 ans, natif de Villeneuve, appelé Jean de la Soille.

Agmon Groupeau, tonnelier, remarqua que de la Soille prenait un soin tout particulier d’une certaine ânesse, poussant la prévenance jusqu’à la faire coucher dans une étable séparée.

Labiche., garçon au service de Josse Valcroin, marchand épicier, assura souventes fois à son maître que la Soille «était un infâme sodomite, qu’il abusait d’une façon abominable et contre nature d’une ânesse dont il prenait un grand soin».

Aucune preuve jusqu’alors ne pouvait établir si ces dires étaient exactement conformes à la vérité. Mais sur la fin d’octobre 1555, Thomas Dupont, marchand mercier, allant à la ferme des Bois, acquit la certitude que ces bruits infamants étaient fondés.

Devant lui La Soille entra dans l’étable aux ânesses, il l’en vit sortir peu de temps après dans un état indécent et ayant été frappé à la jambe par une ânesse.

Le mercier, comme bien on le pense, colporta cette nouvelle, il en parla à l’aubergiste Roger Dumoulin qui, partageant la conviction générale, surveilla l’ânier de près et le prit plusieurs fois sur le fait «commettant le crime de sodomie abominable et contre nature avec une ânesse».

Le samedi 13 novembre, il le fit arrêter en flagrant délit et le lundi suivant, à 9 heures du matin, de La Soille comparaissait devant le juge civil et criminel et bailly de Sens.

Le lundi, 22 novembre, lors de la confrontation et du recollement des témoins, l’ânier confessa avoir «eu habitation charnelle, abominable et contre nature avec une ânesse, et requit son pardon».

Le 4 décembre, le bailly de Sens rendit sa sentence.

Jean de la Soille devait être mené dans un tombereau auquel l’ânesse serait attachée, puis lui-même attaché à un poteau planté dans la grand’place de Villeneuve-l’Archevêque » et lorsqu’il serait «monté au haut de l’échelle appuyée contre la potence» l’ânesse brûlée sous ses yeux; «quoi fait» lui-même ensuite «pendu et étranglé et son corps jeté dans le feu.» Outre cela, ses biens confisqués avec 100 francs d’amende envers le Roi et le prix de l’ânesse versé au sieur du Terron.

Par arrêt du 5 janvier 1556, le Parlement de Paris confirma la sentence du bailly en spécifiant toutefois que «les cendres seraient jetées dans la rivière d’Yonne».

Étude sur la bestialité au point de vue historique, médical et juridique

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